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EFYX : L’interview

Il pense ne pas avoir de recette pour composer son excellent Urban Rock (Classic/Alternative-Rock). Si ce qu’il compose n’émane n’est pas d’une recette, c’est qu’il a alors un talent inné. Un énorme talent qui nous vient des Hauts-de-France à découvrir en urgence !

Il a fait ses premiers pas sur scène avec HSR qui tournait en première partie de Carving devenu Skip The Use. Entre Grunge et Electro, ses compositions (nous le certifions) sont Rock et fédératrices tant par leurs mélodies que par leurs textes.

Si la Génération Y est la votre ou quand bien même ne l’est-elle pas, écoutez et engagez vous dans ce premier album Y BOY !


Ton premier album s’intitule Y BOY en référence à la Génération Y (ta génération). Sans entamer un cours magistral sur le sujet ni une étude sociologique, veux-tu expliquer en quelques mots à nos lecteurs cette catégorisation ?

« Ma » génération Y, celle dont je parle, est la génération qui est passée de l’enfance à l’âge adulte avec les attentats du 11 Septembre 2001. Je pense que c’est le jour où le monde a radicalement changé et où on a compris que plein de préceptes s’écroulaient. Je me souviens enfant, des adultes me disant que l’on ne connaitrait jamais la guerre… A priori ils se sont plantés….

La Génération Y (encore appelée les milléniaux, enfants du millénaire ou digital natives) seraient réticents à l’autorité mais sociables, matérialistes et hyper consommateurs, ouverts au monde extérieur et aux technologies… Te reconnais-tu dans ces adjectifs ?

Alors pas du tout pour le côté matérialiste et hyper consommateurs. Je pense même que c’est exactement l’inverse, ce qui en fait une génération très particulière et hermétique à une autorité telle qu’on la connait. Je pense notamment qu’on a compris que l’hyper- consommation n’était pas compatible avec l’écologie or on a une sensibilité extrêmement forte pour les questions environnementales.

Quels sont les éléments déclencheurs qui t’amènent à composer ? As-tu des thèmes de prédilection qui te font t’exprimer ?

En fait, je compose à peu près tout le temps. Lorsque je décide de faire un album, je cherche un lien entre les morceaux, à leur donner une cohérence qui dépasse leur couleur musicale. On peut donc parler d’un thème. En général, je ne vais pas chercher si loin, puisque mes sujets viennent de mon vécu ou de mon ressenti par rapport à notre époque. Sur « Y Boy », j’ai essayé d’aborder des thèmes plutôt conscients comme par exemple le conflit intergénérationnel (Unwanted, Children of Midnight), l’envie de s’évader (Disconnected, Elevator) ou encore un éventuel renouveau (Pyramid, The Last King of a Lost World).

Le titre Disconnected qui ouvre ton CD fait-il référence à cette réticence à l’autorité dont nous avons déjà parlé ?

Quelque part oui, puisqu’elle traite de la dépendance aux réseaux sociaux où aux écrans sous toutes ses formes qui nous détournent des choses essentielles.

Au travers de quelques titres – The Last King of a Lost World, Y Boy – on ressent beaucoup de désappointement et de questionnements (le Y (prononcé [waɪ] en phonétique anglaise) signifiant « pourquoi »). Reste-t-il cependant une lueur d’espoir et combien de questions restent encore sans réponses ?

Haha, oui évidemment puisque je pense aussi qu’aujourd’hui nous sommes au pouvoir quelque part et cela passe justement par notre manière de consommer. A nous de prendre conscience qu’on ne peut plus vivre comme les générations précédentes. A nous d’imposer notre vision des choses et d’éduquer les prochaines générations dans ce sens. Même si beaucoup d’indicateurs restent sombres, je pense que c’est en s’unissant et en agissant en marge qu’on peut faire changer les choses. On le voit avec l’ampleur que prennent les mouvements citoyens et écologistes. Pour le côté « why », c’est plus la question pourquoi en sommes-nous arrivé là ? Par quelle folie ou inconscience ?

Tu portes un étendard dans le clip The Last King of a Lost World. Est-ce celui de l’espoir et doit-on au delà de cette fiction te considérer comme un porte-parole ou un leader ?

Ça représente l’idée d’une prise de pouvoir justement, d’une fédération de personnes allant dans le même sens, ou en tout cas le désir de cela. Mais il y a aussi un côté « Don Quichotte » un peu désespéré, un combat peut-être perdu d’avance, mais un combat quand même. Après, non je ne me considère surtout pas comme un porte-drapeau sinon je ferais de la politique et non de la musique mdr… Maintenant si des gens se retrouvent dans ma musique et son propos alors tant mieux.

Veux-tu nous en dire plus au sujet de cette Pyramide (qui est ton logo) ? Que représente-t-elle ? Serait-elle la représentation d’une résistance si l’on se réfère au texte de la chanson Pyramid ?

Oui, ça reprend un peu ce que j’ai dit précédemment, la pyramide représente l’ascension d’un groupe de personnes qui vont dans le même sens, qui agissent en marge de l’action ou plutôt de l’inaction politique. Il y a aussi ce message fort qui est de croire en soi-même. Personnellement, cette idée m’a beaucoup aidé au début du projet et m’a permis d’affronter les obstacles nombreux dans une carrière artistique. Je continue à m’en référer d’ailleurs.

Si tu avais eu la possibilité de choisir, aurais-tu préféré être de la génération X ou Z ou peut-être de l’Alpha qui arrive ?

Sincèrement, si j’avais la possibilité d’être de la génération X, peut être aurai-je pu participer au changement des choses plus tôt (ça aurait un côté « retour vers le futur » mdr) mais je me sens beaucoup plus proches des valeurs des générations suivantes. Je pense qu’on est dans un même bateau qui coule mais qu’il faut tenter de remettre à flot.

On constate qu’après t’avoir vu en live deux voire trois fois, tes compositions font mouche et qu’elles sont très vite mémorisables. Quelle est selon toi la meilleure recette pour composer un hit ?

Alors je ne sais pas s’il s’agit d’une « recette » mais en revanche je fais confiance à une méthode. Quand une mélodie me vient, je compose une chanson autour mais je ne l’enregistre pas tout de suite. Dans les jours qui suivent, si cette mélodie me revient, alors je commence à travailler dessus. En fait je suis mon premier cobaye mdr…

En tout cas, tu cela y ressemble puisque déjà des membres de ton public reprennent les refrains lors de tes prestations…

Si ça marche sur moi, aucune raison que ça ne marche pas sur d’autres personnes… La première fois que je me suis rendu compte que le public reprenait certains refrains, ça a été une véritable bonne surprise. Parfais les gens chantent même à la fin des chansons sans rien n’avoir jamais entendu de moi avant le concert. Ce n’était pas du tout calculé et, du coup, c’est vraiment quelque chose de très cool. La musique est faite pour être partagée donc ça fait super plaisir.

Lors de ton récent concert à St So à Lille, tu annonçais enfin la date de sortie de ton album au 24 septembre, comment appréhendes-tu ce jour ?

Plein d’excitation, de joie mais aussi un peu de frustration. C’est l’aboutissement d’un travail de longue haleine. Ca fait plusieurs années que j’essaie de mettre en place ce projet. Je ressens un peu de frustration puisqu’un album résulte de choix, et que des trucs sont forcément passés à la trappe. J’ai choisi 11 morceaux sur une quarantaine de morceaux composés. Mais c’est aussi excitant parce que les morceaux choisis sont les meilleurs et les plus aboutis de cette session de composition selon moi. J’ai hâte que le public découvre tout ça.

Une “release party” est programmée me semble-t-il ?

Absolument, elle aura lieu le 22 Septembre au Biplan de Lille, soit deux jours avant la sortie de l’album. J’ai choisi d’inviter Goomh, un groupe lillois que j’adore et Peter’s Sound qui offrira un DJ set Psytrance, dont il a le secret, en fin de concert.

Avant d’offrir au public un support sonore, tu t’es fait connaitre au travers de 4 clips somptueux. Etonnement, le premier était une reprise de David Bowie. Pourquoi cela avant de diffuser tes propres compositions ?

Quand j’ai appris que David Bowie était mort, le clip de « Pyramid » était déjà terminé et prêt à sortir. Etant un fan absolu, j’ai ressenti le besoin de lui rendre cet hommage avant de sortir mon propre titre. Du coup, j’ai décidé de repousser la sortie du clip, pour sortir celui de « Life on Mars ». Pas mal de personnes m’ont dit qu’elles avaient aimé cette version, ce qui est génial. Tu ne sais jamais à quoi t’attendre quand tu t’attaques à ce genre de monument. A ma grande surprise, quelques médias m’ont invité et ont commencé à parler de moi…

Outre la qualité de ta musique tu sembles très attaché à l’image également… Le clip est-il pour toi un outil incontournable pour se démarquer ?

Alors, d’abord, d’un point de vue artistique, il est évident que le clip est le support le plus complet à mes yeux. Il permet à une idée de s’exprimer dans toute sa dimension. Il permet aussi de glisser quelques messages. J’adore le pouvoir de l’image et suis passionné par la réalisation et la post production de films. J’ai toujours eu du mal à dissocier le son de l’image. Si j’avais le temps et les moyens de le faire, je ferais un clip par titre… D’un point de vue stratégique maintenant, il est évident qu’un titre sans clip a beaucoup moins de chance d’être écouté. Youtube est devenu ces dernières années le premier média d’écoute et de découverte de musique, ça parle de soi.

Ton travail t’a permis d’être sélectionné au Festival Rock en Stock, véritable institution de la Côte d’Opale (Hauts de France). Comment as-tu vécu cet événement et en tant qu’artiste émergent ? Pressens-tu l’ouverture à d’autres événements tout aussi importants suite à ton passage ?

Participer à Rock en Stock a été une vraie opportunité pour le projet. Ça nous a permis de nous produire sur une grande scène avec des groupes majeurs et de montrer ce qu’on savait faire. C’est très important de passer par ce genre d’étapes pour aborder la suite. Autant pour convaincre que pour s’auto-convaincre. Evidemment l’idée est d’être à l’affiche d’autres gros festivals cette année…. On y prend vite goût mdr…

Le fonctionnement du monde musical a fortement évolué depuis l’apparition du net et fatalement vers une musique dématérialisée… Es-tu pro ou anti-plateformes musicales ? Est-ce pour toi une contrainte au détriment de ton support CD ?

Alors je pense que les plateformes sont une manière simple de faire découvrir ta musique donc je suis pour à 100%. Maintenant je pense que l’idéal est d’évoluer sur les deux tableaux. Le support physique permet d’étendre l’univers de l’album grâce à l’artwork et de laisser une trace matérielle. Avec un peu de chance, un album peut demeurer dans une discothèque et être retrouvé quelques années plus tard. Se limiter au digital, c’est aussi accepter d’être fondu dans la masse dès les nouveautés suivantes arrivées…

Etre “fan de” a-t-il encore un sens aujourd’hui ? Fans ou consommateurs ?

Plus que jamais ! Avoir des fans, c’est la récompense suprême quand on voit toute l’offre qui existe. Ca veut dire qu’on se démarque et que des personnes se reconnaissent dans ce qu’on fait. En fait c’est le moteur…

Tu as de vrais fans : tu as lancé un crowdfunding afin de financer ton album auquel ils ont répondu favorablement !

Voilà… mdr

As-tu démarché avant cela des labels ou ce mode de production te paraissait-il évident ?

On a eu quelques échanges avec des labels mais on ne rentrait pas dans le moule. Dès le départ on a décidé de quasiment tout faire par nous même, le but étant que ce projet soit le plus fidèle à notre identité et nos envies. Le plus important en tout cas, c’est que ça ne m’a jamais empêché d’avancer. Je sors un album, je tourne …donc tout va bien !

On aperçoit dans deux de tes clips Sébastien Demilly (guitariste des ANOREXIC SUMOTORI), en quoi a-t-il collaboré à ton projet ?

Seb était un pote avant qu’on collabore ensemble. En plus de participer à deux clips, il m’a surtout permis de former le 1er line-up pour attaquer les concerts. S’il ne fait plus partie de la formation live aujourd’hui, il reste tout de même proche du projet, puisque il est l’auteur de la photo qui illustre « Y Boy ».

Il n’est pas le seul à t’avoir épaulé. Qui sont ceux qui ont ou participent à ce jour de près ou de loin à ton aventure ?

Il y a d’abord une collaboration centrale avec Olive T’servrancx, qui a entièrement produit l’album et peaufiné le son qui est le mien aujourd’hui. Il y a Sebastien Savary, de chez Razzle Dazzle, qui est à l’initiative des logos et typographies, Pierre Podsiadlo, Thomas Berthelot, Romain Stecoli et Rémy Hétru, mes musiciens qui défendent le projet sur scène à mes côtés et Sophie Matriochka qui fait un travail de malade sur la partie management, médias et booking. C’est vraiment génial de bosser avec des gens aussi talentueux et investis. Quelque part, on fonctionne comme un label en fait mdr….

Tes influences vont de Nirvana à Nine Inch Nails en passant entre autres par Placebo et Bowie… Comment tout cela est-il compatible ?

Et bien tous ces artistes font partie de mes influences de base. C’est à leur écoute que je me suis formé et ce sont ceux qui m’ont donné envie de faire de la musique. Après, j’adore des artistes beaucoup plus récents aussi. Ca va de Twenty One Pilots à Yelawolf en passant par The Weeknd. Mon son est un peu un mélange de toutes ces influences passées ou actuelles.

Bien que désenchanté (tes paroles le signifiant), quel futur peut-on te souhaiter ?

Que ce premier album ait suffisamment d’impact pour me permettre d’en réaliser un second. J’ai encore beaucoup de choses à faire, beaucoup de choses à explorer. Mais fidèle à la génération Y, j’ai envie de dire qu’on verra bien mdr…

Propos recueillis par O’Live Pixm@niac Pix pour Froggie’s Rock City -Septembre 2018

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