Glam Interviews Sleaze

BLACKRAIN : Entrevue avec Math

Actuellement à Los Angeles où le groupe enregistre son prochain album et bien que son emploi du temps soit hypra chargé MATH, bassiste des BLACKRAIN, a pris un peu de son temps pour répondre à nos questions. A la fois débridées et curieuses, nul doute que les réponses apportées à celles-ci devraient vous mettre en appétit quant à ce nouvel album ULTRA attendu par les fans et dores et déjà annoncé en prévision pour … Septembre 2015. 

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Froggie’s Rock : Hello les BLACKRAIN. Tout d’abord comment va et comment ça se passe pour vous à Los Angeles ?

Math : Tout se passe pour le mieux. Nous avons fini de mixer l’album hier. On prépare la séance photo avec Dean Karr, une des légendes du genre. Puis on s’attèle au tournage d’un clip. On va revenir avec deux clips, de nouvelles photos, un nouvel album. Que demander de plus ?

Froggie’s : Je présume que vous parvenez à vous échapper de temps à autre du studio. Est-ce que Los Angeles « still fuckin’ Rocks » ?

Math : Il y a quelques lieux « rock » comme les incontournables Rainbow Bar, Wisky a GoGo… Mais globalement, on est très loin de ce qu’on dû être les grandes années du Strip. La preuve, les filles les plus jolies se dirigent majoritairement vers le club de Hip-Hop à côté du Rainbow. Mais on sent tout de même que la culture rock est encrée dans le pays. A ce propos, on a une petite anecdote. On est allé faire un peut de tourisme sur les hauteurs d’Hollywood. On est passé devant des bikers qui, quand ils nous ont vu, on mis « Living on a prayer » de Bon Jovi. Tout le monde autour de nous s’est mis à chanter en chœur les paroles. C’était vraiment génial.

Il y a ici une bonne station de radio, KYSR2, avec une émission présentée tous les jours par Nikki Sixx de 7 heures à minuit. On ne peut pas dire que toutes les stations soit à cette hauteur, mais au moins, il y en à une qui passe du vrai rock non-stop. Du coup, on reste branché dessus quand on traverse la ville dans notre Ford Mustang décapotable :D

Froggie’s : Il y a encore quelques « gloires » du Hair Metal 80’s sur L.A, il en traine toujours dans les pubs RnR. Est-ce que la réputation croissante de BLACKRAIN a traversé l’atlantique ?

Math : On peut évidemment croiser Lemmy devant sa machine. Dans la zone où nous enregistrons (Laurel Canyon) pas mal de musiciens ont leur studios personnels. Mais les gens ne sortent pas tant que cela. Au hasard d’une soirée chez quelqu’un on peut croiser des musiciens. Nous avons par exemple eu le plaisir de partager des bières avec le chanteur de Testament qui était hébergé par Dean Karr. On a passé une bonne soirée à mater des conneries à la télé.

Pour ce qui est de la réputation de BlackRain, il y a des gens qui connaissent évidemment car ce milieu n’est pas si grand et internet fait son travail. Un tiers des « vues » et des « likes » sur les réseaux sociaux viennent des USA. Les plus jeunes nous sollicitent pour prendre des photos. Mais si nous sommes venus à L.A. en cette période, c’est surtout que se déroule le NAMM, la plus grande réunion des professionnels de la musique, et nous avons bien l’intention de multiplier les contacts à cette occasion. De plus, certains directeurs artistiques de labels, ont pu venir écouter l’album directement devant la console, en présence de Jack et de la nôtre. Bref, on se bouge le cul pour propager notre musique.

Froggie’s : J’ai reçu plusieurs EP de jeunes groupes provenant du Strip ces temps-ci. Compte tenu l’expérience du groupe, qui n’a rien à envier à bien des « légendes », ne serait-ce pas le bon moment de tenter l’aventure Worldwide (un peu à l’image d’un Bring Me The Horizon qui, dans un autre style, carbure sévère un peu partout sur la planète) ?

Math : Il se crée pas mal de nouveaux bands. Nous n’avons flashé pour l’instant sur aucun d’eux. Ceux qui ont commencé, comme nous, il y a dix ans, sont presque tous séparés car nous vivons une époque quasi impossible pour le développement de groupe. Il ne reste finalement que Crashdiet et quelques autres. Il faut vraiment avoir la foi pour tenir tous ensemble et ne pas dévier de son but. Nous rêvons de pouvoir tourner encore et encore, ça a toujours été un but. Mais rien n’est facile. Nous avons pensé pendant un temps que nous développer plus particulièrement dans notre pays nous apporterait des concerts. Cela n’a pas été vraiment engageant même si nous avons réalisé des premières parties de folies. Mais ce n’est pas suffisant pour satisfaire un musicien. Nous avons beaucoup souffert de ne pas pouvoir jouer. Il faut savoir que la plupart des dates nous faisaient perdre de l’argent. C’est triste de devoir payer pour jouer et nous ne nous y résignons pas. Alors oui, nous allons tout faire pour trouver un management étranger et espérer pouvoir tourner partout dans le monde. Nous sommes prêts à nous installer n’importe où s’il le faut. BlackRain n’a pas d’attaches, c’est notre grande force et c’est une des raisons principales de notre venue à L.A. car une grande partie des professionnels sont ici.

Froggie’s : Revenons à des choses plus sérieuses. Vous avez pris l’initiative de suivre la démarche « CROWD FUNDING » (qui consiste à faire participer les fans à un projet, ce qui leur permet de bénéficier de certaines préférences et priorités…) via pledgemusic. On peut dire que c’est un pur succès car vous avez atteint votre objectif. Concrètement, comment est née votre démarche ?

Math : Internet a été un élément destructeur de l’ancien business de la musique. Plutôt que de se morfondre, il faut savoir en tirer les avantages. Le crowd funding permet à celui qui produit la musique de la vendre directement à celui qui va l’écouter avec un retour financier bien plus important pour le groupe que ce que représente la vente d’album par le circuit classique et bientôt totalement démodé. Il permet en outre aux fans de participer au financement de l’album. On voit apparaître ce genre de concept dans des choses très éloignées de la musique. Dans l’agriculture les AMAP et autres « La ruche qui dit oui » se basent sur le même principe. C’est pour moi le futur des transactions entre humains. Internet nous permettra de plus en plus de nous affranchir des intermédiaires en ne conservant que les plus utiles, les grands transporteurs par exemple, et c’est une bonne nouvelle. La mauvaise est que nous arrivons dans la période de transition qui fait que l’ancien modèle n’est pas encore mort mais ne rémunère plus, et que le nouveau modèle, n’est pas encore assez installé. On ne va pas se plaindre, beaucoup de groupes rêveraient d’avoir un public aussi mobilisé que le nôtre. Nos fans nous ont permis de récolter une somme très conséquente en très peu de temps. Mais sache que pour la somme collectée, il y a un investissement de notre part aussi important voire bien supérieur. On n’est donc pas encore dans une situation équilibrée et il faut encore mettre beaucoup de son temps pour trouver de l’argent. Ce temps, c’est cela de moins à consacrer à la musique.

Froggie’s : Jack Douglas aux manettes, le nom qui tue tant le gaillard a un palmarès de dingue. Dis-moi si je me trompe mais cette fois-ci il ne se contente pas du mix si mes sources sont bonnes puisqu’il participe pleinement à l’enregistrement. A l’image d’un Bob Rock qui fait de l’or avec n’importe quel titre ou presque, qu’apporte un monstre sacré pareil au processus de calage, finalisation puis enregistrement de vos titres ?

Math : Je dois te corriger. Jack Douglas a participé à l’intégralité de l’enregistrement pour « It Begins ». Celui-ci s’est fait à Paris. Le mixage a, quant à lui, été réalisé à L.A. sans nous. La différence avec cet album c’est que nous avons enregistré avec lui à L.A. cette fois et que nous étions présents lors du mixage. Cela permet plus de synergie au moment très délicat du mixage. Nous connaissons par cœur nos chansons que nous avons travaillées et retravaillées. Jack apporte l’oreille externe (et anglophone) pour rendre le tout encore mieux. Je crois que nous avons avec Jack une vraie complicité et qu’il apporte aux morceaux autant que nous lui apportons de « matière créative ». Voilà pourquoi il accepte de s’occuper de nous pour une somme moindre par rapport à ce qu’il peut gagner avec des géants comme Aerosmith.

Froggie’s : Concernant les compos de ce nouvel album que dirais-tu aux fans pour les attiser et les rendre dingues d’impatience façon « de la mort qui tue » ?

Math : Je crois qu’on a acquis une liberté totale dans la composition. On ne s’est rien interdit. Il va donc y avoir des sonorités jamais entendues dans un album de BlackRain. Nos fans devraient s’y retrouver car cet album balaie un peu tout ce qu’on a fait jusqu’ici. Nous essayons de nous surpasser à chaque album et celui-ci ne déroge pas à la règle. Nous sommes à la recherche de LA chanson d’anthologie. A force de tentatives et de recherches, nous allons finir par l’obtenir notre « tube ».

Froggie’s : BLACKRAIN est un groupe qui grimpe crescendo, d’album en album. Je présume que vous avez conscience que vous êtes sacrément attendu au tournant par une ribambelle de détracteurs en tout genre car comme on le sait que trop bien chez nous, l’exposition médiatique dérange dès lors qu’il s’agit de Rock n’Roll. Comment t’y prends-tu pour résister à la lecture de certains commentaires. Tu es plutôt du style, je ferme le pc, je n’achète pas la presse et je mets des boules Quies ou bien ça te passe à 1000 km au-dessus de la tête et t’incite à botter encore plus de « cul » avec ta musique ?

Math : Merci pour tes compliments. Nous passons en effet toujours plus de temps à la composition. Swan est devenu peu à peu le principal compositeur du groupe et y consacre toutes ses journées. Il a un catalogue très impressionnant de titres. Les idées fusent tout le temps. Il faut donc comprendre qu’on est plutôt concentré sur notre musique que sur ce qu’on en dit.

Nous faisons tout de même attention à ce qui s’écrit sur nos album dans la presse de qualité. On ne peut évidemment jamais contenter tout le monde. Si on s’arrête aux critiques, on ne fait rien. Mais il y a aussi parfois du vrai dans ce qui est écrit et nous en tenons compte. A vrai dire, on sait bien souvent mieux que personne ce qui va et ce qui ne va pas dans ce que l’on fait. Le voir écrit peut faire mal mais c’est aussi stimulant pour se dépasser la fois suivante.
En ce qui concerne les propos idiots sur Internet, nous y prêtons en revanche de moins en moins d’attention. Il est toujours très vexant d’être insulté sur sa propre page Facebook puisqu’on lit forcément les commentaires. Imagine qu’un gars rentre chez toi sans frapper et t’insulte. C’est difficile de ne pas être touché. Mais avec le temps cela est devenu de plus en plus des sujets de blagues entre nous.

Il reste que les réseaux sociaux sont un moyen essentiel de communication pour nous. Nous prenons donc quelques mesures pour nous « protéger » des insultes. Nous avons par exemple décidé depuis longtemps de bloquer les commentaires des gens qui n’avaient pas « liké » notre page auparavant. Cela permet de faire un peu de ménage en amont.

Froggie’s : Vous avez récemment changé de Management. Sans vouloir jouer MetalSludge ou le genre de site à ragots et même si nous n’avons pas notre langue dans notre poche sur Froggie’s… mais avez-vous eu le sentiment que cet épisode de la carrière du groupe et quand bien même il vous a ouvert des portes vous, à un certain moment vous a aussi porté un discrédit dans le monde « compliqué/sans pitié » du Hard et du Rock n’Roll en France ?

Math : Nous avons arrêté notre collaboration car nos visions ne concordaient plus sur le futur à apporter au groupe, à son image et à sa musique. Il n’y a rien de plus banal dans la vie d’un groupe que de changer de manager ou de producteur. Mais nous avons, d’un commun accord, décidé de ne pas nous prononcer outre mesure sur la question. Cela n’intéresse en réalité qu’un tout petit nombre de gens plus avides de ragots que de musique. Sache juste que nous nous sommes quittés « sans regrets ».

Le monde du Hard et du Rock n’est pas compliqué en France, il est impossible. Ici, à Los Angeles, quand on nous demande de citer des groupes français, très peu nous viennent à l’esprit et aucun ne parle aux américains. Peut-être Johnny Hallyday déclanche-t-il un petit sourire. Au moins ils le connaissent. On ne sent pas que la France se mobilise pour ses groupes. Les plus grands pro français nous ont bien expliqué qu’on ne serait pris au sérieux que si nous réussissions ailleurs. C’est ce que nous allons essayer de faire.

Froggie’s : Avant de vous laisser retourner taffer, quel est l’avenir immédiat des prochains mois ? Je veux dire une fois l’album sorti (à propos quelle date ?), une tournée massive ?

Math : Nous prévoyons de sortir l’album en Septembre. D’ici-là nous allons travailler en amont tous les aspects de sa sortie ce qui inclue évidemment d’essayer de le promouvoir le plus possible par des concerts qu’on espère nombreux.

Froggie’s : Un petit mot pour les lecteurs assidus et vos fans ?

Math : Merci à tout ceux qui nous ont aidé à financer notre nouvel album. Il est maintenant possible de le pré-commander sur le même site. Ce faisant, vous payez directement le groupe. http://www.pledgemusic.com/projects/blackrain

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Merci à BLACKRAIN et surtout à Math d’avoir échangé avec Sleaze This City, une bien belle personnalité.

–> Article extrait de R.I.P Sleaze This City

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A Propos

Line Up : ♦ Swan: vox/guitars ♦ Max 2: lead guitar ♦ Matthieu de la Roche: Bass ♦ Frank F: drumz ♦


Bio Desc : Formé en 2001, le groupe originaire de Haute-Savoie s’impose petit à petit comme le fer de lance de la scène Hard/Glam/Sleaze nationale et c’est peu de le dire tant le groupe, sortie après sortie, nous délivre une musique racée qui même si elle n’hésite pas à puiser de-ci de-là quelques influences bien connues, n’en demeure pas moins authentique et bougrement efficace.


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